Catalogue 2016

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Cinquièmes à l’issue de la première journée, les Bleus n’ont pas bougé au classement malgré un beau rapproché. Les victoires de Christophe Lemaître et Vincent-Zouaoui-Dandrieux n’auront donc pas suffi. Le titre de champion d’Europe par équipes est revenu sans surprise à une Russie impériale dans des conditions dantesques.

Il y a des jours à ne pas mettre un athlète dehors. C’est ce que Christophe Lemaiîre s’est sans doute dit cet après-midi, en quittant son hôtel pour le stade tout proche sous un déluge typiquement scandinave. Car après une première journée enchantée sur le plan climatique, le vent défavorable, les trombes d’eau et le froid (à peine dix degrés) ont fait leur apparition à Stockholm. En ce moment, heureusement, ce n’est pas le genre de détails dont s’encombre le triple champion d’Europe. Après son record de France du 100 mètres en 9’’95 hier, on lui promettait un bis repetita aujourd’hui sur le demi-tour de piste. Il s’est finalement approché à douze centièmes de la meilleure marque française de tous les temps (20’’16), qu’il partage avec Gilles Quénéhervé depuis maintenant près d’un an.

Mais quelle impression et quelle allure ! 20’’28 sous la bruine et face à un vent défavorable de 2,8m/s, c’est une performance de classe mondiale qui devrait très vite l’amener, comme prévu, sous les 20’’. Que l’Aixois a réalisé en prenant un excellent départ, avant d’enchaîner avec un virage très correct. A l’entrée de la ligne droite, il n’avait cependant pas fait le trou. C’est dans les quatre-vingt derniers mètres qu’il allait s’envoler de sa longue foulée, creusant un écart impressionnant sur le reste des concurrents. Avec vingt-quatre points récoltés en individuel, Lemaître a plus que rempli son contrat ce week-end. Et confirmé son statut de locomotive de l’équipe de France.

Zouaoui-Dandrieux en patron

Il y a des jours à ne pas mettre un athlète dehors. Surtout quand il doit déjà se mouiller les pieds pendant sept tours dans la rivière de steeple. C’est bien sûr le cas des spécialistes du 3000 m steeple, une course où l’on retrouvait notamment au départ Vincent Zouaoui-Dandrieux. Le Français, qui effectuait sa rentrée sur la distance cette saison, ne figurait pas forcément parmi les grands favoris. Mais il a réalisé une superbe course, prenant ses responsabilités pour revenir sur le Portugais Alberto Paulo avant d’assumer seul le train pendant plus d’un kilomètre. Seul l’Allemand Stefan Uliczka réussissait à s’accrocher. Mais Zouaoui-Dandrieux lui résistait dans la dernière ligne droite pour s’imposer d’un rien en 8’30’’85. Une victoire en patron, la troisième et dernière du week-end pour les Bleus, qui est prometteuse pour la suite de sa saison.

Il y a des jours à ne pas mettre un athlète dehors. Surtout quand ils sont perchistes donc en grande difficulté quand leur terrain de jeu est balayé par des bourrasques de vent. Rentrés sur la piste en début de programme, les plieurs de gaule en sont vite ressortis. Direction le stade en salle de Strahallen, à une trentaine de minutes de l’enceinte olympique. Une décision très rare. La nouvelle piste n’a pas malheureusement pas vraiment réussi à Renaud Lavillenie , pourtant grand favori du concours. Seulement cinquième avec 5,50 m , le recordman de France ( 6,03 m ) a échoué par trois fois face à une barre à 5,72 m , en ne sautant que quatre fois dans l’après-midi. Frustrant. Heureusement, plusieurs bonnes surprises, en plus de la victoire de Vincent Zouaoui-Dandrieux, ont jalonné la journée des Bleus. A l’image de la deuxième place de Jeff Lastennet sur 800 m en 1’46’’70, sur les talons du Polonais Adam Kszczot (1’46’’50). Le Montreuillois a su trouver un petit trou de souris dans la dernière ligne droite pour remonter une grande partie du peloton. Deuxième, c’est aussi le classement sur 110 m haies de Garfield Darien (13’’64) derrière son meilleur « ennemi », le Britannique Andy Turner (13’’42). Un résultat satisfaisant sous la pluie. A retenir encore : la troisième place à la longueur d’Eloyse Lesueur avec 6,60 m , dans un concours très relevé et après une belle frayeur, puisqu’elle avait mordu ses deux premiers essais.

Un quatuor plein d’audace

Le dernier « podium du jour » dans le camp tricolore est revenu au 4x400 m hommes en 3’03’’33, pourtant privé du convalescent Leslie Djhone. Nicolas Fillon, Teddy Venel, Mamoudou Hanne et Mame-Ibra Anne ont réalisé un relais plein d’audace, ne cédant la victoire à la Russie (3’02’’42) que dans les cent derniers mètres. « On finit sur une belle image avec ce relais qui s’est vraiment engagé et dépassé, apprécie Ghani Yalouz , le directeur technique national. Une performance cependant insuffisante pour monter sur le podium. Cinquièmes avec 284 points, les Bleus ont terminé derrière la Russie, vainqueur avec 385 points, l’Allemagne ( 331,05 pts ), l’Ukraine ( 304 pts ) et la Grande-Bretagne ( 289 pts ). « L’objectif du début d’année, c’était Bercy, enchaîne le DTN. Des athlètes manquaient un peu de fraicheur ce week-end. Certains de nos meilleurs demi-fondeurs n’étaient pas présents. S’ils avaient été là, ça nous aurait sans doute permis de monter sur une des marches du podium. Mais la priorité, ce sont les Mondiaux de Daegu puis les Jeux olympiques. » Rendez-vous est donc pris.

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