Catalogue 2016

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Bercy_2011-1-Les plus jeunes l’ignorent sûrement, mais l’athlétisme a été l’un des premiers sports à pousser la porte du Palais Omnisport de Paris Bercy. En janvier 1985, onze mois après l’inauguration par Jacques Chirac de l’enceinte parisienne, l’IAAF y organisait les Jeux Mondiaux en salle. Depuis, le POPB a souvent déroulé la piste, pour des championnats nationaux ou des épreuves d’un soir. Mais il n’a accueilli que deux autres grandes compétitions internationales, les championnats d’Europe en salle en 1994, puis les championnats du Monde trois ans plus tard.

 

 

L’histoire entre l’athlétisme et le POPB est donc une longue histoire, mais elle n’a jamais été simple. Pour recevoir le premier sport olympique, la salle parisienne doit en effet se mettre en quatre. Sa mise en configuration exige de déposer une partie des gradins, pour monter la piste relevée, un anneau en Mondo de 200 mètres à six couloirs. Une opération lourde (pas moins de 500 tonnes de gradins), complexe et longue : deux jours de préparation, puis une semaine de montage. Evènement compris, une grande compétition d’athlétisme mobilise Bercy pendant une petite quinzaine de jours. A titre de comparaison, il en faut seulement cinq pour préparer la salle aux Masters Series de tennis.

Détail important : les championnats d’Europe en salle 2011 seront disputés, du 4 au 6 mars prochain, sur une nouvelle piste. La société d’exploitation du POPB en a fait l’acquisition en début d’année passée. Testée à l’occasion des championnats de France Elite 2010, ce revêtement Mondo remplace l’ancien matériel, acheté vingt cinq ans en arrière, usé par le temps. Cette piste compte toujours six couloirs sur l’anneau, mais elle en dénombre désormais huit sur la ligne droite centrale de 60 m, une exigence du cahier des charges de l’Association Européenne d’Athlétisme.

Gourmand en temps, l’athlétisme l’est aussi en place. En configuration « athlé », le POPB peut accueillir 8659 personnes. Pour des disciplines plus « classiques », comme le basket, le volley ou le hockey, sa capacité atteint 14 400 personnes. Elle culmine à plus de 18 000 places pour un combat de boxe.

 

Pour mémoire, un rappel en quelques chiffres et en une poignée de noms des moments les plus marquants de l’athlétisme au Palais Omnisport de Paris Bercy :

Jeux Mondiaux 1985 – La première compétition du genre organisée dans l’enceinte parisienne, les 18 et 19 janvier 1985, presque un an jour pour jour après son inauguration. 69 pays, 322 athlètes, 24 épreuves pour ce rendez-vous planétaire qui prendra, deux ans plus tard, le nom plus classique de championnats du Monde en salle. Au classement des médailles, la RFA (ex Allemagne de l’Ouest) domine les débats, avec 6 podiums dont 4 titres, devant l’Union Soviétique (8 médailles dont 3 en or) et la France (7 médailles dont 2 en or, pour Stéphane Caristan au 60 m haies et Gérard Lelièvre au 5 km marche). Certains des grands noms de l’athlétisme mondial ont fait le déplacement, dont le Canadien Ben Johnson, vainqueur du 60 m (6’’62), le Suédois Patrick Sjöberg, titré en hauteur (2,32 m), le Russe Sergueï Bubka, sans rival à la perche (5,75 m), ou encore les deux sprinteuses est-allemandes Silke Gladisch (7’’20 au 60 m) et Marita Köch (23’’09 au 200 m).

Championnats d’Europe 1994 – Bercy fait le plein, pendant trois jours (11 au 13 mars), pour une compétition où les Français se montrent à la hauteur, avec 11 médailles, dont deux titres pour Daniel Sangouma au 200 m et Christian Plaziat à l’heptathlon. Sans surprise, l’équipe russe termine en tête le bilan collectif (19 médailles, dont 9 en or). Mais les vedettes de l’évènement portent le maillot britannique. Colin Jackson, le hurdler gallois, s’offre un rare doublé 60 m (6’’49)/60 m haies (7’’41). Son compatriote Dalton Grant (2,37 m) enflamme Bercy tout au long d’une finale du saut en hauteur que le public aurait préféré voir remportée par le Breton Jean-Charles Gicquel, deuxième avec 2,35 m, la plus haute barre jamais franchie par un athlète français, en salle comme en plein air.

Championnats du Monde 1997 – Près de 120 nations, plus de 700 athlètes sous le toit de Bercy, entre le 7 et le 9 mars. Et pas moins de trois records du monde, battus respectivement par le Danois Wilson Kipketer au 800 m (1’42’’67, un temps jamais dépassé), l’Américaine Stacy Dragila à la perche, nouvelle discipline du programme des Mondiaux en salle (4,40 m), le relais 4x400 m féminin de la Russie (3’26’’84). Avec 16 médailles dont 6 titres, les Américains assurent le spectacle, emmenés par Gails Devers, Jearl Miles, Charles Austin. Le public n’a d’yeux que pour les deux stars du demi-fond,  Hicham El Guerrouj et Hailé Gebrselassié, titrés sur 1500 et 3000 m. Dans ce contexte très relevé, les Français s’en tirent avec les honneurs. Ils montent quatre fois sur le podium, grâce à Frédérique Bangué (60 m), Patricia Djaté (1500 m), Patricia Girard (60 m haies) et au 4x400 m masculin, toujours sur la troisième marche.