Catalogue 2016

133094

recherche

Europe-Athle1-Crédit photos: Salle POPB © DPPI – S.Kempinaire
A en croire les historiens, l’athlétisme en salle aurait vu le jour à Londres, un soir du mois de février 1863. La préhistoire, en quelque sorte. Depuis, ses évolutions ont été nombreuses, ses règlements ont changé, sa pratique a souvent été bouleversée. A un peu plus de soixante-dix jours des championnats d’Europe de Paris-Bercy (4 au 6 mars 2011), il n’est pas trop tard pour rappeler quelques principes et préciser que l’indoor n’est pas le plein air, mais il tend parfois à s’en rapprocher.

 

Un programme allégé. A la différence de l’athlétisme en plein air, l’indoor réduit son programme. Ces dernières années, le 200 m et les épreuves de marche ont ainsi été retirées. En demi-fond, la distance la plus longue n’excède pas 3000 m. Pour des raisons évidentes de dimension des enceintes, un seul lancer, le poids, est organisé. Et la compétition comporte un unique relais, le 4x400 m.

Des records communs. Dernière en date des évolutions adoptées par l’IAAF : les records battus en indoor sont désormais homologables comme records « universels », c’est en dire salle et plein air réunis. Une réglementation internationale appliquée à tous les niveaux géographiques, valable donc pour les records mondiaux, continentaux et nationaux. En réalisant 17,90 m au triple saut en mars dernier à Doha, Teddy Tamgho a amélioré avec cette seule performance tout à la fois le record du monde en salle et les records de France senior et espoir toutes conditions confondues. A ce jour cependant, un seul record du monde est supérieur en salle : les 6,15 m à la perche de Sergueï Bubka, réalisé en février 1993 à Donetsk. L’Ukrainien ayant sauté un centimètre de moins en plein air (6,14 m en juillet 1994 à Sestrières), sa marque en indoor est considérée comme le véritable record mondial.

Europe-Athle2-Un écart parfois réduit. Comparer les performances réalisées en salle et en plein air n’est pas un exercice toujours très pertinent. En demi-fond, tourner sur un anneau de 200 m favorise plus les courses tactiques que la réalisation de grands chronos. En sprint court et dans les sauts horizontaux, l’absence de vent et la réduction des distances (60 m au lieu de 100 m, 60 m haies au lieu de 100 m ou 110 m haies) rend la comparaison peu convaincante. A titre d’exemple, le record du monde du 60 m en salle est toujours la propriété de Maurice Greene avec 6’’39 (2001), alors qu’Usain Bolt serait passé en 6’’31 lors de son chrono référence aux Mondiaux de Berlin en 2009 (9’’58 au 100 m). Seuls les sauts verticaux justifient le parallèle. L’écart y est peu important : 5 m en salle, 5,06 m en plein air pour la Russe Yelena Isinbayeva, 2,08 m en salle pour la Suédoise Kajsa Bergqvist, 2,09 m en plein air pour la Bulgare Stefka Kostadinova, 2,43 m en salle, 2,45 m en plein air pour le Cubain Javier Sotomayor.

Des avantages et des inconvénients. Les athlètes n’apprécient pas tous la salle. Mais certains s’y sentent comme chez eux. Exemple : Jean Galfione. Le champion olympique de la perche en 1996 n’a jamais sauté aussi haut en plein air (5,98 m) qu’en indoor (6 m). « J’aimais autant ces deux types de conditions, mais pour des raisons différentes, explique le Français. En salle, un perchiste n’a pas besoin de lutter face au vent. Sauter y est plus confortable, notamment sur le plan psychologique. On doit seulement s’adapter à la piste, sans se préoccuper du reste. Et les pistes en bois permettent, pour un athlète capable d’y trouver le bon tempo, des foulées plus courtes et rapides. Autre avantage : le public est plus proche, l’ambiance parfois plus chaleureuse. Mais l’athlétisme en plein air donne une impression de liberté. Et les stades y sont plus majestueux. »

Et les Championnats d’Europe dans tout cela…. L’histoire des championnats d’Europe ne semble pas avoir été écrite de la même main pour la salle et pour le plein air. En extérieur, le rendez-vous continental s’est tenu pour la première fois en 1934. Depuis, il a été organisé tous les quatre ans, à mi-olympiade. Un rythme amené à s’accélérer, puisque l’évènement se tiendra désormais toutes les années paires à partir de 2012. En indoor, des Jeux européens en salle avaient été mis sur pieds tous les ans entre 1966 et 1969, mais il a fallu attendre 1970 pour donner à cette compétition le titre de championnats d’Europe en salle. Ils ont été organisés à un rythme d’horloger tous les ans jusqu’en 1990, avant que l’AEA décide d’en ralentir l’allure. Depuis 2005, ils prennent place dans le calendrier au cours des années impaires.