Catalogue 2016

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Crédit Photo: C.GUIARD /Triathlete Magazine et Triathlon.org / ITU
ITU-Podium-Championnat-europe-JuniorQuatre médailles chez les juniors dont un titre pour Raphaël Montoya, l’équipe de France peut voir le futur avec gourmandise. A Kitzbühel (Autriche), où se disputaient les Championnats d’Europe de triathlon juniors, Elite et paratriathlon, la jeune génération tricolore a pris date pour les prochaines années. Les paratriathètes reviennent également avec deux médailles. 

ARRIVEE-MONTOYAUn dernier regard pour surveiller un éventuel retour de l’Espagnol Antonio Serrat Seoane, et Raphaël Montoya peut enfin bondir de joie sur la ligne d’arrivée en serrant un point rageur. A 18 ans, Montoya, en argent l’an dernier derrière son compatriote Dorian Coninx, a cette fois décroché l’or des Championnats d’Europe juniors. Constamment aux avant-postes, le sociétaire de Sartrouville a assumé son statut de favori pour aller chercher ce titre continental au terme d’une course maitrisée de bout en bout avec une sortie de l’eau en 3e position et une ultime accélération à une centaine de mètres de la banderole. « C’est juste génial, confie le nouveau champion d’Europe à la descente du podium. J’avais déjà eu des Marseillaise dans des Championnats de France mais jamais à un tel niveau. Ayant terminé deuxième l’an dernier, je savais que j’étais attendu. Mais ça m’a plutôt donné de la confiance. J’étais assez sûr de moi. Ces courses de haut niveau comme ce Championnat d’Europe, le prochain Championnat du monde ou les étapes du Grand prix FFTRI sont très formatrices. Je passe l’an prochain en U23 avec des distances qui vont donc doubler. Il me manque encore un petit cap à passer mais j’ai l’impression de ne pas être si loin. Reste à le confirmer sur le terrain. Le secret de cette réussite, c’est le travail. »  

Le succès des Bleuets est bonifié avec le bronze de Maxime Hueber-Moosbrugger, à la lutte pour le titre jusqu’aux derniers hectomètres, et les septième et huitième places de Léo Bergère et Lucas Jacolin. « On a tous tenu notre rang, souligne Montoya. Quatre dans le Top 8, c’est je pense du jamais vu. Je crois que nous sommes une très bonne génération et que ça peut aller loin… »  

Même réussite chez les filles avec deux médailles, l’argent pour Audrey Merle (Parthenay) et le bronze pour Cassandre Beaugrand (Poissy), pourtant encore cadette et déjà 6e des Mondiaux juniors 2013 et deuxième d’une Coupe d’Europe Elite au printemps. Médaillée d’argent au championnat d’Europe de cross country cet hiver, Merle s’incline dans les derniers mètres devant l’Allemande Laura Lindemann, troisième des Mondiaux 2013 et vice-championne d’Europe 2013.

Dans ce rendez-vous continental autrichien où la France avait surtout misé sur les juniors n’envoyant aucune fille en Elite Femmes (victoire de la Suissesse championne olympique Nicola Spirig, sa quatrième) et un seul garçon en Elite Hommes (succès du champion olympique Britannique Alistair Brownlee, son troisième, et 16e place de Dorian Coninx), les Bleus qui peuvent encore grappiller une médaille dans le relais mixte ce dimanche, ont rempli leurs objectifs.

Le bilan global de Benjamin Maze, Directeur technique national adjoint est évidemment positif. « Chez les juniors, la France récolte deux tiers des médailles mises en jeu. Nous avions 8 juniors engagés et quatre ramènent des médailles, deux sont finalistes (top 8) et une autre demi-finaliste (Top 16). Même si on peut toujours faire mieux, c’est un excellent bilan. D’ailleurs les nations étrangères et en particulier la Grande-Bretagne sont venues discuter avec nous et regardent de près notre système de formation. » 

Le bilan de Benjamin Maze pour les féminines : « Audrey Merle est Junior 2 et effectue sa dernière saison dans cette catégorie. Elle avait fait un super début de saison également sur la distance supérieure ce qui nous a même fait hésiter à l’engager en U23 la semaine prochaine, à Penza, en Russie. Mais on a préféré qu’elle se concentre sur ce rendez-vous. Cassandre Beaugrand est encore cadette deuxième année. Elle était un peu déçue car elle espérait un peu mieux. Elle est très compétitrice et pour elle seule la victoire compte. Emilie Morier est également cadette 2 et a réalisé une performance au-delà de nos espérances. C’est la très belle surprise. Elle doit participer aux Jeux olympiques de la Jeunesse cet été en Chine. Enfin, Célia Brémond enfin n’a pas eu de chance avec une chute et ensuite un problème mécanique. Au regard de sa course à pied, elle aurait pu elle aussi aller chercher une place dans les 12. »

Le bilan de Benjamin Maze pour les hommes : « Raphaël Montoya était revenu l’an dernier avec un goût amer malgré sa deuxième place. Cette année, il avait envie d’être champion, c’était l’objectif avoué et assumé. Il a été atteint. Il a pris les choses en main dès la sortie de l’eau. Maxime Hueber-Moosbrugger est encore junior 1. C’est un fantastique coureur à pied d’une beauté technique incroyable et d’une grande intelligence de course. Il a fait une bonne natation alors que d’ordinaire c’est un peu plus compliqué dans ce secteur. Léo Bergère et Lucas Jacolin ont réalisé une super course. A l’exception de Raphaël, les autres ont passé des épreuves du bac cette semaine. Ils sont arrivés jeudi après-midi sur site après avoir passé une épreuve le matin. C’est loin d’être idéal comme préparation… Enfin, Dorian Coninx qui a tout gagné l’an dernier chez les juniors avec même le titre mondial était là pour prendre de l’expérience avec les Elite et s’est montré à la hauteur. »

Paratriathlon : Yannick Bourseaux et Stéphane Bahier sur le podium

Dans un contexte bouleversé par la nouvelle classification des catégories de handicap, la France revient de Kitzbühel avec deux médailles. Depuis plusieurs années présent dans les grands rendez-vous du paratriathlon, Yannick Bourseaux décroche à nouveau l’argent dans la catégorie PT4, derrière l’Allemand Martin Schulz, son éternel rival. « Je fais de mon mieux, je fais une belle course et je n’ai pas à être déçu, estime Yannick Bourseaux. Martin Schulz sort de l’eau avec 1'50’’ ce qui n’est pas si mal car l’année dernière j’étais à 3’. Ça me rassure car j’avais beaucoup travaillé la natation cet hiver et je ne parvenais pas à retrouver mon niveau. Je reviens ensuite à vélo et on court une bonne partie ensemble. Au dernier demi-tour il me prend 15-20 m, je recolle au train mais à 300m, il me remet une accélération cette fois décisive. » Sans une préparation optimale, le Français se montre très satisfait. « Je suis tombé en avril avec traumatisme crânien, fracture du poignet et surtout un gros hématome à la cuisse droite qui m’empêchait de fléchir la jambe et donc de pédaler, rappelle-t-il. Cela ne fait que deux semaines que je peux recourir sur piste et forcément avec seulement quatre séances de piste je ne pouvais pas espérer retrouver mon niveau à pied. » Cap désormais vers les Mondiaux d’Edmonton, à la fin de l’été, où il retrouvera l’Allemand, son principal adversaire. « Ce sera la revanche. Mais je pense déjà à Rio. D’ailleurs, si je perds toutes les courses jusqu’aux Jeux Paralympiques mais que je deviens champion paralympique en 2016, ce ne sera pas grave. »

Dans la même catégorie, Maxime Maurel prend la 6e place et Stéphane Leroy, champion d’Europe l’an dernier dans l’ancienne catégorie doit cette fois se contenter de la 8e. Chez les femmes, Gwladys Lemoussu est 6e. Belle satisfaction également avec la médaille de bronze de Stéphane Bahier en PT2, juste devant Geoffrey Wersy. Une vraie performance pour Bahier, champion du monde en titre mais particulièrement pénalisé par les nouvelles catégories. En PT5 (non voyants), Arnaud Savio et son guide Julien Dubreuil se positionnent au 7e rang et Arnaud Grandjean accompagné de Julian Hervio au 9e. Enfin, en PT1, Ahmed Andaloussi est 6e.

 

Le bilan de Nicolas Becker, entraîneur national du paratriathlon : « La disqualification d’Elise Marc en PT2 est notre gros pincement au cœur du jour car sans une erreur technique (elle a été poussée lors d’une transition), elle avait vraiment le titre en poche. C’est une erreur qui n’est pas de son fait et elle avait fait une très belle course. Ce n’est que partie remise. D’un point de vue général, le passage de sept à cinq catégories change pas mal de choses. Nous sommes dans une année un peu test qui va permettre ensuite de réajuster les pondérations. Certaines structures se sont fortement professionnalisées. La Grande-Bretagne dispose par exemple d’un gros vivier et d’un gros staff (3 titres, 6 médailles d’argent et 3 en bronze sur ces Europe). Nous avons aussi mis en place pas mal de choses mais on manque encore un peu de filles par exemple et nos meilleurs éléments sont toujours les mêmes avec Yannick et Stéphane. Le niveau s’est également fortement densifié. Désormais, tu n’as plus le droit d’être dans un jour sans sinon tu perds tout de suite 4 ou 5 places, contrairement au passé où tu savais à peu près à quelle place tu allias finir.
Les Mondiaux d’Edmonton sont le prochain objectif. Certains iront encore faire une Coupe du monde dans deux semaines à Iseo, en Italie, mais ce championnat d’Europe constituait une vraie revue d’effectif. La sélection pour Edmonton est déjà faite à 90%. Mais même si ces Mondiaux seront l’objectif numéro 1 de l’année, je pense déjà aux Jeux paralympiques de Rio en 2016 dont la phase de qualification débutera au 1er juillet 2015. Edmonton n’est que sur le chemin de Rio. Nous avons un an pour devenir encore plus performant. »
 

 

Retrouvez les résultats du Championnat d'Europe de Triathlon 2014 à Kitzbühelen cliquant ici