Catalogue 2016

133094

recherche


Stephane-BAHIER---credit-Delly-Carr---ITURésultats Championnats du Monde de Triathlon - Londres 2013

Après les deux titres mondiaux de jeudi, la France poursuit sa moisson avec les paratriathlètes qui s’offrent trois nouvelles médailles. Stéphane Bahier est champion du monde (TRI2) tandis que Yannick Bourseaux (TRI4) et Stéphane Leroy (TRI3) repartent avec l’argent.  De bon augure avant l’entrée du paratriathlon au programme des Jeux paralympiques de Rio, dans 3 ans.

 Après Pierre Le Corre et Dorian Coninx sacrés jeudi en U23 et Juniors, l’équipe de France a une fois encore passé une belle journée vendredi à Hyde Park, à l’occasion des Championnats du monde qui se disputent dans le cadre de la Finale des World Triathlon Series. Sous la pluie londonienne, les paratriathlètes se disputaient les titres mondiaux. Dans la dernière course du jour, Stéphane Bahier s’est à son tour paré d’or en catégorie TRI2.

 

Amputé de la jambe droite après un accident de la route, Stéphane Bahier , 38 ans, a participé aux Jeux paralympiques de Pékin, en cyclisme, et s'est ensuite lancé dans le paratriathlon. Tenant du titre, le sociétaire de Ernée Triathlon, très bon cycliste puisqu’il participait encore aux Championnats du monde de paracyclisme fin août au Canada,  a fait une bonne natation avant de creuser un énorme écart sur le vélo. 

 

Multiple médaillé en paratriathlon (mais aussi en ski de fond et biathlon l’hiver), Yannick Bourseaux (Triathlon Académie Montluçon, ancien membre de l'équipe de France « valide » avant une chute en vélo dans une descente de col l'ayant handicapé au bras droit, a obtenu la médaille d’argent des Championnats du monde de paratriathlon (catégorie TRI4).  A 38 ans, Bourseaux, champion du monde 2005, 2006, 2011 et 2012, n’a été devancé que par l’Allemand Martin Schulz, présent aux Jeux paralympiques de  Londres en natation et notamment recordman du monde du 200m 4 nages. L’Allemand, deuxième des Mondiaux l’an dernier prend donc sa revanche après avoir creusé un écart décisif dès la natation.

 

La seconde médaille du jour est décrochée par Stéphane Leroy (Aquavelopode - Dôle) en TRI5. Déjà champion d’Europe, le Tricolore revenu sur la distance sprint depuis seulement quelques mois réalise une course pleine. Moins efficace dans les transitions et sur le dernier parcours, il doit laisser la victoire au Britannique Emmerson.  

 

Dans les autres catégories, Arnaud Grandjean et son guide Julien Hervio (Issy Triathlon) prennent la 5e place en TRI6b. Médaillé de bronze l’an dernier, Geoffrey Wersy (Poitiers) doit cette fois se contenter lui aussi du 5e rang en TRI3.

  

Stéphane Bahier (champion du monde TRI 2) : « C’est une énorme satisfaction car c’est beaucoup de sacrifices non seulement pour moi mais aussi pour toute la famille. Ça fait vraiment du bien de gagner après une saison galère en vélo où j’ai eu beaucoup de problèmes entre les ennuis mécaniques et un accident avec une voiture qui m’avait percuté de face. Aujourd’hui, je sors de l’eau en 3e position et ensuite j’ai fait un gros vélo en prenant 1 minute au tour à mes adversaires. Avec trois tours et demi à parcourir, ça fait une grosse différence. Ensuite j’ai pu gérer à pied ce qui était plus confortable car j’ai souvent des problèmes avec ma prothèse. Pour les Jeux paralympiques de Rio, il y a beaucoup de boulot. Il faut que je garde mon point fort en vélo mais je vais devoir beaucoup bosser en natation et surtout à pied. D’autant plus que le niveau va monter en trois ans et qu’il faudra peut-être un jour gagner au sprint.Dans la vie, je suis professeur de judo et j’interviens dans les écoles. Ce n’est pas toujours facile de tout concilier. Je suis venu au paratriathlon après mon accident de moto. Mon prothésiste m’a montré une lame et m’a proposé de l’essayer. Je me suis dit chouette, je peux recourir ! Et voilà ! Je vais finir la saison sur la Coupe de France avec mes copains du club. Ce sera sans doute la première fois qu’il y aura un unijambiste au départ. »

Yannick Bourseaux
(vice-champion du monde TRI4) : « Je ne peux pas être déçu. Je m’étais dit que je ne devais pas sortir de l’eau à plus de 2’30’’ et l’écart est ce qu’il est (finalement 3’11’’). En vélo, je n’étais pas dans un très grand jour je pense. Il y avait en plus beaucoup de trafic en raison des autres catégories, mais ce n’est pas une excuse car c’était la même chose pour mon adversaire. A pied, je suis à mon niveau. Maintenant, il y a des enseignements à tirer. C’est bien d’avoir un gros concurrent dans ma catégorie. C’est motivant. Ça donne envie de travailler encore plus. Maintenant, je dois aussi choisir pour la suite de ma carrière. Je suis vice-champion du monde de biathlon et les jeux paralympiques de Sotchi sont en vue. Je vais devoir choisir entre Sotchi et Rio. C’est un gros dilemme. »

 

Stéphane Leroy (vice-champion du monde TRI5) : « Je suis déçu car j’espérais mieux. Surtout que je fais une erreur de cadet en course à pied en me trompant de route sur la boucle. Le temps de faire demi-tour, j’ai dû perdre 40 ou 50 secondes. Je réussis quand même à reprendre plusieurs concurrents à devancer au sprint l’Anglais pour la deuxième place. Je limite la casse. En vélo, avec la pluie, c’était difficile à gérer. Après le titre européen, ces Mondiaux étaient l’objectif. Maintenant je vais couper. J’ai 41 ans, 3 enfants et je suis vraiment un amateur car je suis parallèlement conducteur à la SNCF. Rio fait rêver mais c’est encore loin. Mais s’il y a une petite place pour moi… »

 

Nicolas Becker (entraîneur national paratriathlon) : « Nous espérions trois médailles et nous les avons. Nous avions plutôt pensé au titre de Yannick Bourseaux qu’à celui de Stéphane Bahier car il n’avait pas fait beaucoup de triathlon cette année. Mais Stéphane a réussi à mener de front le cyclisme et le triathlon. Il a joué le jeu en nageant beaucoup cet été et sa force en vélo lui permet de faire la différence. Stéphane Leroy s’est retrouvé en chasse patate toute la course et finir deuxième est une bonne place. Il n’est revenu que récemment sur un format sprint. Il ne faisait plus trop de vitesse. En tandem, ce n’était que le 5e triathlon pour Arnaud et Julien qui avaient terminé 4e aux Europe. On ne les accompagne que depuis le début de l’année. Ils progressent beaucoup même s’ils commettent encore des erreurs de débutants. Il y a au moins une ou deux minutes à gagner dans les transitons mais c’est très encourageant.

D’un point de vue général, l’entrée du paratriathlon aux Jeux paralympiques a boosté la discipline. Il y avait 217 partants contre à peine 100 aux Championnats d’Europe. Le niveau a également beaucoup augmenté avec certaines nations qui mettent des moyens. Pas mal des concurrents sont également issus des disciplines comme la natation, la course ou le vélo. Tous ne sont pas encore de purs triathlètes mais ça va faire monter le niveau. »

Les catégories

Tri 2 : Altération sévère de la jambe, y compris les personnes amputées au-dessus du genou. Vélo standard et course avec une prothèse au-dessus du genou (ou prothèse similaire) ou exécuté à l'aide de béquilles.
Tri 3 : Athlètes ayant la sclérose en plaques, la dystrophie musculaire, la paralysie cérébrale, double jambe amputée ou la paralysie dans les membres multiples. Vélo standard et pour courir, appareil de support ou des prothèses, si nécessaire
Tri 4 : une déficience de bras, comme la paralysie, les personnes amputées au-dessus du coude et au-dessous du coude, ou d'une altération dans les deux membres supérieurs. Les athlètes peuvent utiliser une prothèse, orthèse ou une écharpe sur le vélo et/ou à la course à pied.
Tri 5 : Légère altération de la jambe y compris les personnes amputées au-dessous du genou. Vélo standard et course avec une prothèse.

 

Tri 6 : Déficients visuels incluant les acuités visuelles de moins de 6/60 et les champs de vision de moins de 40 degrés après correction. L’athlète ne peut faire appel qu’à un seul guide du même sexe que lui pour toute la course. Utilisation d’un tandem.

 Tous les résultats et classements de la WTS de Londres 2013 en cliquant ici